Éthique et développement socio-économique durable

Mr Kaningbi NYAKI ZANGBULA, représentant de la Banque Africaine de Développement à Madagascar et doctorant en science politique, lui aussi, a participé aux journées scientifiques en parlant de l’importance de l’éthique dans le développement socio-économique durable. Sans le dire ouvertement durant son intervention, l’orateur a voulu montrer qu’on ne peut pas se passer de l’éthique si on veut atteindre un développement durable.

L’enjeu de l’éthique dans le développement socio-économique réside sur la manière dont l’individu acquiert la notion d’éthique et sur le rôle tenu par la société pour la préserver. Mais le tout premier lieu de l’éthique reste la famille, c’est là que les enfants apprennent à obéir à leurs parents. La notion d’éthique doit y tenir une place primordiale. Si la famille vient à manquer, la société doit prendre en main l’éducation de l’enfant, la société devient ainsi responsable de cet enfant. Tout comme les parents “géniteurs”, la société a le droit et le devoir de corriger l’enfant: c’est en quelque sorte la méthode ou la culture de préservation de l’éthique dans les traditions africaines.

La pratique des initiations des jeunes est l’exemple le plus concret de cette prise de responsabilité de la société vis-à-vis de l’enfant. A l’âge de 14 ans, le jeune part en forêt seul avec un adulte qui est appelé maître. Il y apprendra les secrets de la vie, de la tribu et de la communauté. A la sortie, il aura appris la reconnaissance, la permission de prise de parole, la participation aux activités: il deviendra adulte, il sera tenu de garder les secrets qui lui ont été confiés dans la forêt. Outre la loyauté, on lui communique surtout la valeur de la famille. Dans tout cela, l’éthique se joue sur deux registres: la peur d’un côté et l’attrait de récompense de l’autre. C’est ainsi qu’on agit pour sa protection et pour qu’elle perdure.

Avec la civilisation et l’introduction de méthode occidentale, la notion d’éthique a été renforcée par les notions de valeurs apportées surtout par les religions.

La culture de l’éthique et sa préservation dans les institutions internationales a aussi été discutée. Le Représentant de la BAD a confirmé que l’éthique n’est pas une option, mais une obligation car les institutions internationales veillent sur leur image: une image qui doit être immaculée au niveau mondial, voici pourquoi il n’est pas permis de se mêler de politique au sein de ces institutions. Ce fait est confirmé par la mise à disposition des ressources tant humaine que personnelle pour la conception de manuel pour préserver l’éthique.

Toutefois la vulnérabilité de l’éthique est sentie à tous les niveaux. L’exercice se fait en continu sur ce que font les institutions internationales pour que les actions réalisées soient en accord avec les valeurs. Il va sans dire que ce n’est toujours pas facile surtout face à la nécessité d’agir, on ne dispose plus de temps matériel pour réfléchir (qui peut le faire actuellement?) et surtout face à la disparition progressive des valeurs dans la société actuelle.